Médée, 2026, huile et pastel sur toile, 75 x 55cm

La tragédie de Médée demandait un traitement qui laisse le drame en suspens. Ce personnage porte en elle le souvenir des enfants qu’elle a tué devant la trahison du père, Jason.

Demeurant au seuil du mythe, il appartient au spectateur de choisir sa Médée entre la meurtrière et la femme meurtrie, de discerner la figure pudique du sacrifice ou d’y pressentir l’atroce. La tension tragique n’est pas tant représentée qu’elle se laisse deviner en suspens du regard sous l’apparente banalité de la scène peinte.

Les couleurs vives n’apaisent rien et entretiennent cette ambiguïté. La légèreté se heurte à l’extraordinaire du drame de Médée. L’apparente couleur ne rend que plus dérangeante la scène. Par grattages successifs, il a fallu flétrir les couches de couleur et ainsi faire apparaitre une matière qui se dégrade. De ce décalage naît une tension : celle d’un drame qui affleure sans jamais se donner tout à fait.

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